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 Acte I - Le temps du recueillement

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Joker
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MessageSujet: Acte I - Le temps du recueillement   Ven 20 Mar - 21:00

Acte I - Le temps du recueillement

« Ce que je veux savoir avant tout, ce n'est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec. » ▲ Abraham Lincoln



Il n’avait pas réussi à bien dormir cette nuit. Car oui, aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres. Laurent se leva, l’air grave et blasé. Parfois, il se demandait s’il ne rêvait pas. Si tous ces décès n’avaient pas été que des illusions issues de son imagination. Un peu d’eau froide sur le visage lui rappela la triste réalité ; celle d’un prêtre qui devait officier pour deux enterrements.

Dans son esprit jaillit le souvenir de ces deux nouveaux nés, Roméo et Juliette. Il avait alors neuf ans. L’évêque Spencer l’avait amené avec lui pour visiter séparément les deux familles. Et il se souvenait encore de ses mots sur le trajet avant d’arriver chez les Montaigu. « Quand tu verras cet enfant, regarde-le bien. Ensuite regarde bien les gens qui l’entourent. Tu réaliseras alors que sur cet enfant repose l’avenir de tout un clan. Il n’aura pas une vie facile, Laurent. Alors quoiqu’il arrive, il faut que tu veilles sur lui. » Le jeune garçon n’avait pas saisi toute la complexité de cette déclaration mais la finalité, il la connaissait : le jeune garçon devrait toujours garder un œil bienveillant sur lui. Pour Juliette, la consigne fut la même malgré qu’elle ne soit pas la première prétendante des Capulet pour succéder à son père. « Tu sais Laurent, ces gens ont beau avoir de l’argent et être ce que la plupart des gens détestent. Il ne faut pas les juger. Ils restent des créatures de Dieu. »

Voyant le temps passé à une vitesse folle, frère Laurent revêtit son plus beau costume. Il prit le temps de l’ajuster devant le miroir, l’esprit complètement absent. Les clans avaient fait affréter une voiture pour sa sécurité. Il ne refusa pas et se décida à monter dans la voiture, question de rapidité. On le déposa prêt de l’entrée de services. Sans hésitation il s’engouffra dans la partie privée de la cathédrale. Là l’attendait sa toge d’une blancheur immaculée ainsi que quelques confrères venus l’assister pour la cérémonie. Prêt à officier, il se dirigea vers le cœur de la cathédrale. Comme à son habitude, il ne put s’empêcher de lever les yeux vers le dôme. Rien n’avait changé depuis qu’il connaissant cet endroit. Et il était toujours autant fasciner…

Pendant ce temps là devant la cathédrale Saint Paul… Beaucoup de gens avaient déposé des fleurs sur le parvis de la cathédrale. Certains portaient des bougies et restaient debout malgré le froid et le vent qui leur glaçait les os. Mais il ne fallait pas se leurrer tous n’étaient pas là pour se recueillir, mais plutôt par curiosité morbide. Inévitablement, énormément de journalistes avaient investi le trottoir. Pour éviter un afflux massif, la cérémonie devait en théorie être privée. Mais très vite, Laurent Spencer changea la donne. Le prêtre s’arrêta à quelques mètres de la grille d’entrée de la cathédrale et ordonna que la cérémonie soit accessible aux gens qui le souhaitaient, sauf les journalistes, et dans la limite des places assises. Dès lors, il y eut un mouvement de foule mais qui fut vite contenu par un nombre impressionnants d’agents de sécurité des deux familles. Et très vite, le calme revint et des privilégiés eurent l’honneur d’attendre les clans sur le parvis.

Pendant ce temps là à deux endroits différents de Londres, se préparait deux familles. Les berlines formaient une file d’attente. Chaque famille monta dans une berline. Les deux cortèges s’élancèrent à un rythme funéraire vers la cathédrale Saint-Paul. Les corbillards menaient les cortèges. Chacun des Montaigu et des Capulet se préparaient à affronter le regard de toute l’Angleterre. Ils le savaient eux aussi, quelque chose d’important se jouait aujourd’hui. L’une après l’autre, les voitures déposèrent les familles face à la grille ouverte. Des gardes du corps bordaient le passage qui menait à l’entrée de la cathédrale. Quelques journalistes interpellèrent les membres des clans mais aucun ne prit la peine de répondre. Toutes les déclarations seraient faites au moment voulu.

Nota Bene: La longueur minimum des posts d'event est de 10 lignes seulement! So enjoy o/

   
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Livia T. Marchal
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Sam 21 Mar - 15:10

Le temps du recueillement
La berline s'arrêta. Très occupée par les conséquences du drame, la jeune politicienne n'avait pas pris la même voiture que sa famille, ce qui justifiait son avance à la cathédrale. Dans sa pochette noire, elle attrapa sa paire de lunettes noires opaques, l'enfila et quitta le véhicule. Le flash des journalistes l'agressait et elle cherchait à les ignorer en regardant droit devant elle. Les ordres de la famille étaient de garder le silence, peu importe les questions posées. Elle entra et aperçu Laurent, debout devant l'autel et meurtri par la tragédie. Même face à sa détresse, elle garda le silence et se dirigea sans un bruit au rang qui était réservé à sa famille. Livia était vêtue d'une robe noire qui dévoilée son corps athlétique. Elle n'avait toujours pas retirer sa paire de lunette. Elle hésitait, elle n'avait pas envie que l'on scrute chacune de ses expressions. Pourtant, elle n'allait pas y échapper car elle était la candidate du clan Capulet aux municipales... Le vide de la cathédrale lui permettait de se sentir sereine. Le stress n'était pas encore apparu et elle profitait du calme de l'endroit pour se ressourcer et méditer quelques instants sur l'éventuel discours que l'on pourrait lui demander de faire. Sa campagne contre Roméo était en plein lancement. Elle dénonçait l'abus de certains hommes sur les femmes. D'autant plus que son partenariat avec l'association des défenses des droits de la femme donnait encore plus de crédit à sa démarche. Sa réflexion s'arrêta lorsqu'elle entendit des pas claquer dans l'allée. Les gens commençaient à rentrer. Rosaline n'allait pas tarder à arriver et à vrai dire, Livia n'avait pas envie de voir sa cadette. Leur dernière discussion avait été un vrai désastre. Elle ne savait plus comment agir, ni même ce qui était bon pour elle. Pour l'instant, l'ignorance sembait être la solution la plus simple.


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Joker
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Sam 21 Mar - 20:49

Acte I - Le temps du recueillement


« Bonjour John, oui effectivement je me trouve face à la cathédrale Saint Paul et nous attendons l’arrivée imminente des deux familles. Il faut bien sûr rappeler qu’ils ont tous refusé les demandes d’interview et que leurs déclarations sont donc très attendues. »

Puis une première berline fit son entrée. Soudain tous les regards convergèrent vers celle-ci.

« Une berline vient d’arriver, cependant elle semble seule alors que nous attendions un cortège entier. »

La journaliste en direct et en duplex avec ses collègues de la BBC continua de meubler la conversation jusqu’à ce que la porte de la berline soit ouverte par un garde du corps. Et dès que Livia pointa son nez dehors, un brouhaha intense se fit entendre.

« Il s’agit de miss Livia Marchal, la petite fille de George Capulet. Et comme vous pouvez le remarquer, elle est seule et arrive en premier. Faut-il y voir un signe ? Tout laisse à penser que Livia Marchal semble prendre les devants au sens propre comme au figuré. »

Puis la journaliste rendit l’antenne et les experts présents autour de la table prirent la parole.

« Il est évident que c’est un coup de com’ ! Mademoiselle Marchal mène actuellement une campagne féministe et met en cause clairement l’influence que Roméo a pu avoir sur sa cousine Juliette. »

« Je suis tout à fait d’accord, et d’après mes connaissances sur les protocoles, je pense que cela est très osé de sa part de venir seule, qui plus est avant, le convoi funéraire. Je me demande si elle n’est pas entrain de prendre ses distances avec son propre clan ! Et surtout avec son grand-père avec qui elle est très proche en temps normal ! »

« Au diable le protocole ! Elle ose, elle mène ses idées comme elle l’entend et elle ne compte pas faire la paix avec les Montaigu. Elle suit simplement sa ligne de conduite. J’ai entendu dire que George Capulet Loris Montaigu ont longuement parlé ces derniers jours et le seul fait de les voir ensemble aujourd’hui montre qu’ils souhaitent que ce conflit se termine. »

Nota Bene:  Cool Petite intervention, vous pouvez continuer à poster votre arrivée sans vous soucier de moi...

 
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Rosaline S. Marchal
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Sam 21 Mar - 22:06


Le temps du recueillement
Ce matin, elle se réveilla plus tôt que son réveil, son agonie dans le lit lui sembla interminable. Voilà il était temps de lui adieu. Elle avait parfois cet espoir fou qu’il se réveillerait d’entre les morts. La seule pensée de savoir qu’elle ne verrait plus jamais son sourire lui faisait verser une larme malgré elle. Quand elle se regarda dans le miroir, elle crut voir un fantôme. Elle soupira et prit soin de prendre une douche. Dès qu’elle fut propre elle s’affubla d’une robe noire cintrée et quelques bijoux discrets. Elle fit appeler la coiffeuse qui l’attendait dans le vestibule de l’hôtel particulier. La jeune femme s’activa sur la chevelure encore brute de la Marchal. Très vite ses cheveux devinrent ondulés. Son visage prit quelques couleurs, cachant ses misérables cernes et ses lèvres aussi ternes que son teint. Sans s’attarder, elle descendit dans la cuisine, un petit déjeuner l’attendait, elle prit juste le temps de prendre quelques viennoiseries françaises. Soudain la voix de son père l’interpella.

« Livia ? Nan je sais pas. Elle ne m’a rien dit. »

Elle ne s’attarda pas sur le sujet étant donné la relation glaciale entre les deux sœurs. La jeune femme enfila ses escarpins noirs Louboutin, un manteau noir façon poils de yéti, un chapeau noir et attendit quelques instants ses parents. Son père était scotché à son téléphone tentant de contacter sa fille en vain. Elle devait avoir ses raisons. Après tout, elle était grande pensa Edgard. Les trois Marchal s’engouffrèrent dans la petite limousine prévue pour quatre personnes. Rosaline resta interdite pendant tout le trajet, laissant son regard se perdre le long des façades victoriennes typiquement anglaises.

Lorsque la voiture arriva devant le parvis, Rosaline sentit son pouls s’accélérer. Il y avait tellement de monde et elle savait que tous ses regards allaient converger vers elle. Elle vit les parents de Juliette suivit de Helena, Bianca et leurs parents s’engouffrer dans la cathédrale. A peine eut-elle le temps de se préparer qu’un garde du corps vint ouvrir la porte. Ses parents sortirent les premiers. Elle leur emboîta le pas. Habitué aux crépitements des flashs, elle ne fut nullement éblouie. Le regard planté dans le sol elle tendit la main vers les journalistes en signe de refus de s’adresser à eux mais avec un petit sourire en coin. Elle ne prit pas le temps d’analyser la foule et prit directement la direction du cœur de la cathédrale en n'oubliant pas de retirer son chapeau dès qu'elle entra dans ce lieu sacré. Là, elle laissa ses parents s’installer à côté de Livia et fut ravie d’aller s’assoir à côté de sa mère, le plus loin possible de Livia.

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Serena A. Montaigu
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Dim 22 Mar - 0:17

Acte I - Le temps du recueillement
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« Ce que je veux savoir avant tout, ce n'est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec. » ▲ Abraham Lincoln ✻✻✻ Une fois de plus, Serena ne s'était pas réveillé chez elle. Depuis l'annonce de la mort de son cousin, elle soignait son chagrin en se saoulant tous les soirs chez les Woolston. Abraham et Balthazar étaient la meilleure compagnie qu'elle pouvait espérer ses derniers temps. C'est d'ailleurs le patron de la boîte de nuit qui la réveilla lui informant que c'était le jour j.. Aujourd'hui, les deux familles allaient être réunies pour l'enterrement de Roméo et de Juliette...

La jeune Montaigu enfila une robe noire très courte comme à son habitude et un très grand gilet noir qui trainait jusqu'au sol. Même si son père avait demandé à se qu'elle s'habille « normalement » il était hors de question pour Serena de changer ce qu'elle était. Elle monta en voiture avec ses cousins pour se rendre jusqu'à la cathédrale. Avant, ils durent s'arrêter chez les parents de Roméo. Un rendez-vous avait été donné à toute la famille afin qu'ils arrivent ensemble à la cathédrale.

Serena monta alors avec ses parents, son frère et sa sœur. Personne ne prononça un seul mot durant tout le trajet. Un véritable silence de mort régnait dans la berline.

« Je t'avais demandé de t'habiller correctement Serena.. »

Lâcha tout de même Alfred sur un ton dur et froid.

« C'est pas le moment. » Cracha la jeune fille sans même lui adresser un regard. Elle enfila ensuite ses lunettes noires et elle fut la première à descendre de la voiture. Serena jeta un rapide regard sur les journalistes qui étaient tous autour de l'entrée, mais elle ne répondit pas à leurs questions... Qui serait assez con pour donner une interview dans de telles circonstances ? La jeune fille s'engouffra alors dans l'église. Certain Capulet était dans installé, Serena n'eut aucun mal a reconnaitre l'odieuse Rosaline qu'elle avait pu croiser quelques jours plus tôt... Alors que toute sa famille se dirigeait vers les bancs, Serena alla allumer une bougie et en pris une deuxième pour la garder avec elle durant toute la cérémonie. Elle prit finalement place à côté de Samson, sur la deuxième rangé. La première étant réservée aux parents du défunt.




   
✻✻✻
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Chace J. Black
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Dim 22 Mar - 7:45



Love never dies a natural death. It dies because we don't know how to replenish its source. It dies of blindness and errors and betrayals. It dies of illness and wounds; it dies of weariness, of witherings, of tarnishings.



Acte I - Le temps du recueillement Ft. All people
Depuis plusieurs jours, Chace entendait parler que des funérailles de la jeune Capulet et de son bien aimé lorsqu’il osait ouvrir la télévision, une chose qu’il ne voulait plus faire tellement cet événement était terrible. D’un côté il trouvait cette histoire si jolie et inspirante, presque poétique, mais de l’autre il la trouvait tellement triste qu’il ne savait plus comment se sentir au quotidien. Ses parents étant des représentants de la loi en discutaient régulièrement au point qu’il n’y avait plus de place dans leur bouche pour demander à leur fils comment il gérait cette nouvelle puisqu’il connaissait quelques proches parents des deux défunts.

Ils n’en parlèrent pas à Chace jusqu’à la dite journée. Il s’était réveiller plus tard qu’à son habitude, mais il faut dire que son esprit n’avait pas été tranquille la nuit précédente. Il ne pouvait s’empêcher de penser à l’histoire des Montaigu et des Capulet et de ce qu'il aurait vraiment pu se produire. Était-ce vraiment un suicide en signe d’amour ou un meurtre ? À force d'entendre ses parents en débattre il se mettait lui-même à douter.

Il se dirigea d’un pas lourd vers le frigo et en sortit le carton de lait qu’il déposa lourdement sur le comptoir lorsqu’il entendit résonner la voix de son père derrière lui.

« Tu parles d’une heure pour te lever. J’imagine que Serena doit t’attendre depuis plusieurs minutes déjà.

.. Non. Répondit-il sèchement, Je n’ai pas à y aller.

Elle t’a déjà envoyé voir ailleurs ? »

Le jeune homme tourna les talons en grinçant des dents et se dirigea vers sa chambre pour se trouver un habit noir dans sa garde-robe en ne prenant aucunement la peine de ranger ce qu’il avait sorti du réfrigérateur. Il sortit de chez lui dix minutes plus tard habillé d’un complet noir et d’un nœud papillon. Il prit un taxi jusqu’à la cathédrale où la cérémonie devait avoir lieu et qui avait les trottoirs environnant inondés par les journalistes et les citoyens plus curieux les uns que les autres. À ce qu’il crut comprendre, la cérémonie était libre à la population et il décida après quelques instants d’hésitation d’entrer, mais n’alla pas jusqu’à rejoindre Serena qui s’était installée à la deuxième rangée aux côtés de son frère. Il se faufila entre deux couples, l’une des jeunes femmes sanglotait déjà alors que le prête Spencer n’avait pas encore prononcé un mot.

BY .SOULMATES

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Pandora L. Harrington
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Mer 25 Mar - 21:24

Le temps du recueillement
Les journalistes n'avaient que les funérailles des amants maudits et comme si Pandora n'en avait pas assez d'en entendre parler tous les jours à la tête, il fallait que son frère adoptif lui rabâche les oreilles à son tour. La brunette n'arrivait pas à comprendre comment la télévision pouvait s'acharner autant sur les deux familles, surtout en cette période de deuil. Elle trouvait inconcevable que les journaux télévisés ne respectent pas cet instant douloureux pour les deux familles. Malgré tout ça, ses pensées ne faisaient que converger vers son amie Rosaline qui se devait d'affronter cette terrible épreuve, en compagnie de sa famille.

Alors, quand elle entendit à la télévision sans grand étonnement les propos des journalistes rappeler à la population que la cérémonie était accessible au public, sa décision fut rapide. Si elle pouvait soutenir un minimum sa plus proche amie, alors elle le ferait. Sans attendre une minute de plus, la petite brune prit soin de prendre une douche et d'enfiler une robe cintrée noire aux légers détails de dentelles. Pandora se coiffa d'un chignon avant d'enfiler une paire de talons hauts.

Elle prit le premier taxi disponible et quand elle sortit enfin de la voiture, après une dizaine de minutes dans les embouteillages londoniens, elle ne fut nullement surprise de voir la foule de curieux se presser sur les trottoirs pour pouvoir avoir une place dans le lieu saint. Pandora se faufila parmi la foule dense et entra sans aucune hésitation dans le coeur de la cathédrale, bien consciente de sa raison ici. Elle n'eut aucun mal à reconnaître la chevelure blonde de Rosaline parmi les premiers rangs et décidant qu'en aucun cas, elle n'interromprait le recueillement de la famille de la défunte, Harrington prit place loin des places réservées aux familles et attendit sagement le début de la cérémonie, prête à soutenir de loin le chagrin des Capulet et des Montaigu.
code by Silver Lungs
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Joker
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Mer 25 Mar - 22:25

Acte I - Le temps du recueillement


« Excusez-moi de vous interrompre mais le cortège funéraire arrive. »

Les experts invités sur le plateau de télévision se turent et laissèrent la caméra se diriger vers les deux corbillards qui arrivèrent chacun d’un côté différent. Quand les deux voitures s’arrêtèrent, elles se retrouvèrent face à face. Du corbillard de gauche descendit Rhona. Ses yeux étaient brillants. Il ne put s’empêcher de s’éponger les yeux. Rhona s’était catégoriquement refusé à arriver en même temps que sa famille et plus particulièrement ses parents. Du corbillard de droite, Benvolio S. Harlem fit son apparition. Tous deux avaient des visages étaient si stricts que rien n’aurait pu les distraire. Tous les deux se joignirent aux porteurs pour transporter leurs défunts jusqu’à la cathédrale. Le silence qui régna les premiers instants fut pesant. Même les flashs des appareils photos s’étaient arrêtés. Puis soudain, une clameur générale se fit entendre. Des applaudissements résonnèrent jusque dans la cathédrale.

Frère Laurent sut exactement ce qui se passait dehors et il ne put retenir un sourire d’amusement. Il eut ce sentiment, qu’il n’était pas seul et que ces gens au dehors attendaient eux aussi une justice. Dès que les cercueils furent installés à leurs places, Laurent salua Rhona d’une étreinte de compassion.

« Bonjour Rhona. Je sais que ces derniers jours ont été difficiles pour toi. Mais sache que tu n’es pas seul. Nous devrions profiter de ton passage à Londres pour parler. »

Rhona acquiesça par simple réflexe mais son esprit était clairement loin d’ici. Frère Laurent l’accompagna jusqu’à sa place au premier rang et alla saluer Benvolio.

« Bonjour Benvolio. Ne te sens pas coupable de la mort de Roméo et Juliette. Tu ne peux pas porter le poids du monde sur tes épaules. »

Le prêtre connaissait assez le jeune homme pour savoir à quel point il était intègre et protecteur envers ses amis. Même si le Montaigu ne connaissait pas Juliette, il la respectait par attachement à Roméo. Benvolio ne put contenir ses larmes et cacha son visage dans ses mains. Frère Laurent tenta de contenir son émotion et accompagna Benvolio à sa place.

Puis il s’approcha de Livia qui n’osait pas retirer ses lunettes. Ses lèvres vinrent effleurer son oreille.

« De quoi te caches-tu ? » chuchota t-il en esquissant un sourire.

Sans attendre sa réponse, il reprit son chemin. Le prêtre accueillit George Capulet et Loris Montaigu ainsi que leurs femmes.

Peu à peu les deux familles défilaient. Valentin J. Madden avec ses parents, ne semblaient pas plus toucher que ça par la mort des deux amants. Roméo n’était pour eux qu’un perdant qui n’avait pas sa place à la tête du clan. Leurs expressions étaient faussement compatissantes.

Puis ce fut au tour de Bianca Capulet accompagnée de ses parents, la jeune femme avait pris les devants. Elle menait la danse et elle le faisait savoir. Malgré sa tristesse, la Capulet gardait la tête haute et fière. Cependant, ses yeux cachés derrière un filet noir ne purent quitter Benvolio, qui sanglottait fortement. Sa seule envie fut de courir aller le consoler mais elle détourna très vite le regard et alla s’assoir à sa place.

Ensuite, les frères Woolston arrivèrent. Balthazar, arrogant comme à son habitude, ne put s’empêcher de saluer la foule et quelques groupies qui semblaient être venues pour admirer le jeune homme. Abraham ne put que soupirer face à cette scène.

« Bon Justin Bieber, tu n’es pas en concert alors magne-toi. »

Abraham entraîna son frère malgré lui dans la cathédrale en le tirant par le bras discrètement.

Les Marchal arrivèrent à leur tour suivis de près par les parents Harlem et les parents de Petruchio. Enfin ce fut le tour de la plus grande fratrie des Montaigu : Diana, Samson, Serena et leurs parents. Un expert sur le plateau de télévision ne put s’empêcher de faire une remarque.

« Les Montaigu n’ont donc vraiment aucune manière. La robe de cette jeune fille est d’une indécence folle ! On voit presque son intimité ! »

« Vous êtes plutôt coincé dans votre genre si je puis me permettre madame. »

Vexée, l’experte des coutumes royales s’était tu, lançant un regard incendiaire à son confrère assis en face d’elle. Le silence revint sur le plateau.

La famille Graham descendit de voiture : Alice, Lorenzo et Gianni ainsi que leurs parents. Alice H. Graham se cachait derrière ses lunettes de soleil. Habillée très élégamment, une fois de plus, la jeune femme fit parler d’elle. A peine Lorenzo eut-il le temps de franchir les portes de la cathédrale, ses yeux se mirent à chercher Serena. Quand il arriva à sa hauteur il ne put s’empêcher de lui adresser un signe discret de la main.

La dernière voiture fit son entrée, elle était beaucoup moins luxueuse que les précédentes mais était tout de même… Rouge. Qui pouvait bien se trouver à l’intérieur ? C’est alors que Helena V. Capulet ouvrit la porte côté conducteur. Elle enfila ses escarpins rouges et se leva avec un grand sourire. Toujours aussi hyperactive, elle se mit à trottiner vers un garde du corps.

« Ecoute chéri, c’est ma troisième bagnole depuis le début de l’année, je ne voudrais pas l’abîmer, alors prends en soin ! »

Elle jeta les clefs de la voiture dans les mains du garde du corps abasourdi et retourna vers la voiture. Car la jeune femme n’était pas seule. Petruchio M. Capulet venait lui aussi de faire son apparition. Depuis son départ de chez Abraham, Petruchio avait trouvé refuge chez sa cousine. Toute excitée, Helena attrapa son cousin par l’épaule et l’entraîna à l’intérieur de la cathédrale. Dès qu’elle entra dans la cathédrale, Helena se calma d’un seul coup, son sourire s’effaça et son visage habituellement enjoué devint triste, rigide. La jeune femme venait de prendre une claque. Jusque là, la jeune femme avait fait un déni de la réalité. Elle ne voulait pas accepter que deux jeunes personnes dont sa cousine s’étaient donnés la mort par amour. Silencieusement, elle serra de toutes ses forces le bouquet de roses qu’elle avait en main et laissa Petruchio tranquille. Des larmes roulèrent sur ses joues tandis qu’elle avançait vers sa place. Le jeune homme de son côté évita Abraham et prit soin de s’assoir le plus éloigné des Montaigu. Il mena sa cousine Helena vers sa place et s’assit à côté d’elle en tentant de la rassurer.

Maintenant que tout le monde était installé, la cérémonie allait pouvoir commencer…

Nota Bene:  Vous pouvez poster vos réactions si vous le désirez ! La suite de l'intrigue commencera la semaine prochaine, nous vous tiendront informés!  Cool

 
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Rosaline S. Marchal
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Dim 29 Mar - 0:45


Le temps du recueillement
Ne prêtant aucune attention aux deux cercueils qui trônaient au milieu de la cathédrale, Rosaline tourna son regard vers les gens qui entraient dans la cathédrale, dans le lot elle reconnut Serena A. Montaigu. Elle ne put s'empêcher d'arquer un sourcil qui en disait long sur l'opinion qu'elle portait sur la Montaigu. Clairement, Rosaline n'approuvait pas ce style vestimentaire assez trash. Elle esquissa un sourire narquois et se retourna. Puis quand la famille de Serena fut installée, elle tourna à nouveau son regard pour voir qui arrivait. Et elle reconnut Pandora. La Marchal ne put s'empêcher de la saluer d'un signe discret de la main même si malgré la foule, elle doutait fort que son amie l'ait remarqué. Elle regretta que son amie ne se soit pas assise plus près. Car il fallait le reconnaître, Rosaline s'ennuyait déjà. Elle n'avait pas besoin de cette cérémonie pompeuse pour dire au revoir à Roméo.

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Emmy-Rose Lancaster
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Mer 1 Avr - 23:16

Act I - Le temps du receuillement
C'est cela, sans doute, faire son deuil : accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu'un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l'évidence de sa propre survie.

Emmy soupira. Un énième soupir à peine inaudible, peut-être un soupir de trop. Cela faisait plusieurs minutes à présent qu'elle se tenait là, debout, au fond de la cathédrale St Paul, sans la moindre idée de ce qu'elle était censée faire. Quand à sa colocataire, Ashley, qui l'avait traîné jusqu'ici, surement devait elle déjà parcourir les rangs à la recherche du gratin Londoniens. Emmy s'en voulait presque d'avoir été aussi bonne poire en acceptant de l'accompagner. Ashley avait tout simplement sauté sur l'occasion dès que la presse eu révélé que la cérémonie serait ouverte au grand public. Il faut que je me fasse des liens, disait-elle.

Si elle s'était écoutée, Emmy se serait contentée de déposer une bougie sur le trottoir, devant la cathédrale, avant de joindre ses pensées à celles des familles dans une minute de silence. En aucun cas elle n'aurait osé entrer en ces lieux emprunts de tristesse en ce temps de deuil. Et pourtant, elle y était, vêtue en circonstance. Exactement comme ces gens qui, par curiosité malsaine ou par engouement médiatique, s'était agglutinés à l'extérieur. Dire qu'elle se sentait mal à l'aise en ce moment serait un euphémisme. Emmy ne s'estimait pas assez proche des Capulets ou des Montaigu pour se permettre de partager ce moment, qui avec la présence des médias, était déjà assez impersonnelle comme ça.

Son regard balaya une dernière fois l'assemblée. La cérémonie n'allait pas tarder à commencer, il n'était pas encore trop tard pour s'éclipser discrètement et attendre Ashley à l'extérieur. S'éclipser, c'était exactement ce qu'Emmy comptait faire avant que ses yeux ne reconnaissent un visage familier dans l'audience. Chace était là. Ce n'était pas surprenant en soi vu sa relation avec Serena Montaigu. Le voir assit aussi loin de celle-ci était, en revanche, plutôt curieux. Emmy s'avança jusqu'à Chace sans se poser plus de questions. Il était rare que son ami se confie sur la jeune Montaigu, Emmy de son côté n'avait jamais insisté.

Loin d'elle l'idée de se faire remarquer, elle se fit la plus silencieuse possible en faufilant entre les rangs pour prendre place entre son ami et une femme en larme. L'ambiance n'étant pas aux plaisanteries, elle murmura un salut accompagné d'un soupçon de sourire. À vrai dire, elle aurait largement préféré retrouver Chace en d'autres circonstances que celle-ci, des circonstances beaucoup trop tragique aux yeux de la jeune femme.
 

   
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Joker
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Mer 8 Avr - 22:10

Acte I - Le temps du recueillement

« Ce que je veux savoir avant tout, ce n'est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec. » ▲ Abraham Lincoln


Pendant que la foule s’installait calmement, Laurent en profita pour saluer l’ensemble des Montaigu et des Capulet. Il les appelait tous par leurs prénoms et sans aucune hésitation. L’expression ne trahissait aucune haine, aucune rancune, simplement de la tristesse et de la compassion.

Une fois que l’ensemble des places assises trouvèrent acquéreurs, les gardes du corps près de la porte se hâtèrent de refermer les imposantes portes de la cathédrale. Au son du grincement des charnières, Laurent prit place derrière un pupitre surélevé qui lui permettait d’avoir une vue d’ensemble. Son regard balaya la salle et la salle se tut. Son cœur battait si fort dans sa poitrine que celui-ci semblait vouloir s’extirper de la cage thoracique. Il toussota pour s’éclaircir la voix. Frère Laurent jeta un regard au discours préparé minutieusement. Il hésita un instant et retourna la feuille de son discours.

« Bonjour à tous. Merci d’être venu. Nous savons tous pourquoi nous sommes là aujourd’hui. »

Il se retourna et jeta un regard aux deux cercueils.

« J’aurais pu vous parler des raisons qui les ont poussés à se donner la mort. »

On pouvait sentir une pointe d’énervement dans sa voix mais peu de gens remarquèrent que ses mains agrippaient plus fortement le pupitre pour éviter d’exploser à la vue de tous.

« Mais ce n’est pas ce pourquoi nous sommes réunis aujourd’hui. Je préfère vous raconter comment ils ont vécu. »

Soudain, une image apparue dans le fond de la cathédrale et une vidéo se mit en marche.

« Roméo… Roméo… Quel fainéant tu fais ! Regarde dehors, il fait beau, il faut qu’on en profite ! »

Juliette tenait le téléphone et filmait son cher et tendre encore emmitouflé dans les draps puis elle se mit à filmer au dehors, on pouvait clairement distinguer un bord de mer très agréable.

Changement de vidéo. Juliette était entrain de déguster un plat.

« Alors, que penses-tu de mon risotto ? »

Elle tenta alors de parler la bouche pleine et se mit à rire en se cachant la bouche. Elle leva son pouce en signe d’appréciation. Roméo riait aux éclats.

La vidéo se coupa et une autre s’enclencha. On y voyait Roméo et Juliette de dos, main dans la main. Laurent leur faisait face.

« Juliette Barbara Capulet, voulez-vous prendre pour époux Roméo Finn Montaigu ici présent ? »

« Oui je le veux »

« Roméo Finn Montaigu, voulez-vous prendre pour épouse Juliette Barbara Capulet ici présente ? »

« Oui je le veux. »

Changement de vidéo. On voyait Juliette s’adresser à la caméra, les yeux rougies par les larmes.

« Pourquoi Roméo ? Pourquoi a t-il fallu que tu te venges de mon cousin Tybalt ? Avais-tu pensé à nous ? Aux conséquences ? Et moi qui vais devoir me fiancer à Paris. »

Juliette se mit à suffoquer puis soudainement elle se leva. Hystérique, elle saccagea tout ce qui se trouvait sur son passage puis l’image se brouilla. Le dernier son de la vidéo fut la jeune femme entrain de crier :

« NON NON NON ! »

Enfin, après un long fond noir, une dernière vidéo apparue. Celle d’une caméra de surveillance dans l’église de frère Laurent. On y voyait Roméo le pistolet sur la tempe. Puis la projection s’arrêta. Frère Laurent ne s’était pas retourné pour regarder les vidéos. Il lui était trop difficile de les voir à nouveau.

« Si certains doutent de l’amour qu’ils ont pu se porter, si certains pensent que l’amour n’est qu’un rapport de force où l’un subit l’influence de l’autre ; » Laurent regarda Livia dans les yeux. « Alors je crois, qu’ils ne savent pas aimer. »

Le Spencer venait clairement de provoquer Livia. Qui sait ce qui en découlerait mais qu’importe.

« Certains pourront me reprocher de les avoir marié. Sachez que je ne regretterai jamais ce choix. Ils représentaient l’insouciance et la pureté que certains ont perdu. À mon grand regret. Mais trêve de bavardages. Accordons-nous une minute de silence pour nos enfants partis bien trop vite si vous le voulez bien. »


   
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Flynn Murray
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Ven 10 Avr - 22:47





le temps du recueillement
And if somebody hurts you I wanna fight, But my hands been broken, one too many times So I use my voice, I'll be so fucking rude Words they always win, but I know I'll lose

Il ne sut trouver le sommeil cette nuit-là. A vrai dire, il l'avait perdu depuis quelques temps, depuis qu'elle n'était plus. Il s'en voulait terriblement de n'avoir rien pu faire pour éviter un tel drame. Mais la culpabilité était bien loin de prédominer ses sentiments, sa haine, sa rage avaient pris d'assaut son cœur ces derniers jours. Il avait tenté de lutter contre ses émotions qui se montraient de plus en plus violentes, mais à présent il n'avait plus la force, plus la conviction, plus l'envie. Rien ne semblait pouvoir apaiser sa colère. Rien, ni personne.

Il avait décidé la veille qu'il ne se rendrait guère à l'enterrement, il avait toujours haï ces évènements. Non pas pour l'aspect morbide qui au contraire l'amenait à une certaine fascination. C'était bel et bien l'aspect humain qui nourrissait son mépris. Ces flots d'hypocrisie, cette curiosité malsaine qui y prenait racine. Puis ce rattachement continuel à la religion et autres force mystiques. Comme si leur Dieu avait fait quoi que ce soit pour empêcher cette tragédie. Dieu n'est qu'amour, Dieu n'est que paix. Tu parles. Et pourtant, en dépit de toutes ses promesses, en dépit de son dégoût pour de tels rassemblements, il était là, debout, dans une ruelle à observer la scène qui se dressait devant lui. Il scrutait la masse vivante qui avait son regard dirigé vers la cathédrale, des journalistes munis de leur arsenal médiatique. Que disait-on déjà ? Curiosité malsaine, c'est ça ? Il vit des personnes franchir les portes des cathédrales, de personnes qui n'avaient probablement connu aucun des deux amants, des personnes qui avaient appris que les funérailles étaient rendues publiques et qui y avaient vu une opportunité de briller devant les caméra. Flynn commençait à avoir les yeux humides, des perles entamaient leur course sur ses joues rosées, ses poings se resserraient lentement. Il tenta de reprendre le contrôle en enfonçant ses ongles dans sa chair, la douleur l'apaisa instantanément.

Dans l'ombre, il se décida finalement à avancer jusqu'aux grandes portes, se glissant entre les boulimiques de l'information. Ce ne fut guère compliqué de par son gabarit, ainsi que par son manque d'intérêt. Il entendit quelques murmures dans le vent se glisser dans le creux de ses oreilles. Des personnes qui plaignaient les familles. Des personnes qui plaignaient les bourreaux, les coupables. Il s'était promis de se faire discret alors il retint ses remarques acerbes et se contenta d'avancer jusqu'aux portes de la cathédrale. Deux jeunes femmes se tenaient à côté de lui et tenaient une discussion qui ralluma l'incendie aussitôt. Juliette avait été tourmentée de son vivant, et maintenant qu'elle avait connu la mort, nul ne semblait décider à lui accorder répit et paix qu'elle méritait.

Il franchit les portes, les poussant d'une force presque étonnante au vue de ses bras sveltes. Les larmes ne cessaient de couler, il les nettoya tout de même du revers de ses mains. Il ne prêta guère attention au silence qui régnait, bien trop obnubilé par ce qui se tramait dans son for intérieur. Il avança d'un pas rapide et déterminé, poussant la foule à son passage qui ne tarda pas à se plaindre. Il pointa son doigt en direction des familles et ne mit pas longtemps à mettre à nu ses sentiments.

« Vous l'avez tuée ! Vous l'avez tuée ! Et maintenant, vous continuez à la faire souffrir... Vous continuez à la tourmenter... »

Sa voix était tremblante, il bégayait sur quelques mots, son ton était accusateur. Si il criait presque au début de sa prise de parole, les derniers mots étaient probablement inaudibles pour le public concerné. Il finit par éclater en sanglots, retombant sur ses genoux, le visage dans les mains murmurant continuellement « vous l'avez tuée » entre deux inspirations. Depuis le début, il n'avait réussi à faire face à ce qui le submergeait, préférant rester à l'écart dans le simple but d'éviter ce genre d'actes impulsifs et irréfléchis. Il s'était persuadé que c'était la meilleure décision, la plus correcte, la plus sensée. Mais ses démons avaient grandi et les combattre à coup d'espoir dans un tel contexte paraissait être une épreuve insurmontable. Les armes manquaient.
CREDITS IMAGES: ICI ○ CREDITS FICHE: ROMANE

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Bianca C. Capulet
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Lun 4 Mai - 16:35



       
       Acte Premier
       le temps du receuillement



précédemment


Les mains jointes en prières, la croix de son chapelet glissant délicatement dans son giron, Bianca s'était plongée en prière silencieuse tout le long du trajet qui les menaient, ses parents, et elle, vers la cathédrale. Si elle respectait le chagrin de Rhona, elle aurait préféré sa compagnie ; et ainsi, l'unité du Clan eut été préservée malgré l'indéniable faux pas de Livia, partie la première, seule. Quant à Héléna... Ridicules. Alors que la voiture traversait la ville, la jeune femme restait concentrée, les saintes paroles formées par ses lèvres sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Si sa piété lui commandait le recueillement, Bianca y voyait un excellent moyen de rassembler ses esprits. A de nombreuses reprises, elle s'était surprise à trembler légèrement, chanceler un quart de secondes. Or, pas question de montrer un quelconque signe de faiblesse !

Lorsque la berline s'immobilisa devant le lieu de culte, Bianca sortit en première. Très droite, les mains toujours jointes en prière, son regard très légèrement maquillé ignora flash des photographes, beuglements des pigistes et regards indiscrets des badauds. La tête haute, elle s'avança jusqu'à l'entrée, repérant immédiatement Livia, lunettes sur le nez. Retenant un rictus réprobateur, la jeune femme pris place au rang réservé, non sans avoir salué respectueusement le père Laurent : comme le voulait la tradition, agenouillée, et effleurant les doigts de sa main droite du bout des lèvres, tête et yeux baissés. De nouveau plongée en prière, Bianca se retint cependant à maintes reprises de jeter un bref coup d’œil sur le banc d'en face, entre les jambes négligemment dénuées de Serena et ses semblables, où le visage aquilin de Benvolio était strillé de larmes. Benvolio... je suis là !

Pourtant, elle n'eut guère le temps de décider entre cœur et raison, la voix quasi céleste du religieux sonnant le début de la cérémonie. C'est à peine si elle avait la tête à envoyer un regard noir à son aînée, qui s'était faufilée telle une voleuse jusqu'à sa place, en retard. Car ce qui suivit, Bianca ne pouvait le décrire que par le mot abominable : projetés sur un écran géant, sans prélude organique ou discours des deux patriarches endeuillés, des image du couple tragique dans leur vie cachée, leur amour qui avait précipité leur perte. Auréolée de ses boucles blondes, Juliette était méconnaissable : entre liberté et provocation, spectacle et pudeur. Les instants de son amour défilaient devants ses yeux, et lorsque l'écran revint à son immaculé premier, Bianca se rendit compte que la croix de son chapelet s'était méchamment enfoncée dans la peau blanche de ses mains jointes, traçant une fine pellicule vermeille le long de sa ligne de vie.

Insupportable. De même que le discours de Père Laurent qui, loin de rattraper le manque de tact de cette ouverture d'enterrement, transformait sa charge de guide spirituel en avocat général, sa prêche plus acerbe encore qu'un réquisitoire. Ridicule, ridi...« Vous l'avez tuée ! Vous l'avez tuée ! Et maintenant, vous continuez à la faire souffrir... Vous continuez à la tourmenter... » Les portes ouvertes avec fracas venaient de laisser place à la silhouette à peine reconnaissable d'un homme. L'écho de son cri strident rampait le long des murs de pierre, enveloppant l'assemblée dans une stupeur silencieuse. L'individu revanchard, lui, titubait le long de l'allée, avant de tomber à genoux à quelques mètres de l'autel. Trop, c'en était trop ! Instantanément, Bianca fut debout. De ses yeux agrandits d'indignation, scintillant de colère, elle fusillait la loque tremblante et gisante au sol.

« En voilà assez ! Mon Père, je sais bien que la Maison de Dieu est ouverte à tous mais de grâce, par respect pour la mémoire de ceux que nous pleurons, évitez-nous ces accusations stupides ! Ou bien alors, que cet énergumène contienne comme nous tous ici son chagrin  ! »
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Joker
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Mer 6 Mai - 22:57

Acte I - Le temps du recueillement


Les paroles de Flynn résonnèrent dans la cathédrale créant un véritable choc au sein de l'assemblée. Comment pouvait-il profaner un lieu si sacré. Bianca se manifesta devant le frère Laurent. Mains jointes, il s'apprêta à répondre, gardant malgré tout son calme.

« Jeune homme, je vous invite à prendre place et à garder votre sang froid. Tout le monde vit ce deuil à sa manière. Bien que je comprends votre chagrin, la colère n'est pas la bienvenue dans la Maison de Dieu et il est mal venu de perturber cette sainte cérémonie. »

Il adressa un sourire à Bianca, comme pour apaiser les tensions naissantes. Si chacun commençait à étaler ses états d'âmes à propos de ce triste évènement, la situation deviendrait inévitablement ingérable.

« Bien. Nous allons reprendre. »

Installés dans l'ombre, au quatre coin de l'église, des hommes en noir s'approchèrent de Flynn. Ce groupe veillant à la sécurité, était bien trop important pour que le jeune homme puisse leur échapper. Bruyamment, ils le forcèrent à quitter la salle de la cérémonie pour l'emmener dans une pièce annexe. Avec horreur, des bruits sourds retentissèrent. L'église avait été construite pour avoir une excellente acoustique. En effet, tout l'auditoire assistait à ce spectacle de l'horreur et pouvait entendre avec quelle violence Flynn était battu. Frère Laurent perdit soudainement son sang froid face à cette scène incrédule.

« Comment pouvez-vous agir aussi cruellement dans la Maison de Dieu?! N'en avez vous pas assez de ces violences?! La mort de vos enfants n'est-elle pas suffisante pour vous ouvrir les yeux? »

Frère Laurent quitta l'autel pour secourir ce pauvre enfant. En cédant à ses émotions, la panique commençait à prendre place. Lui qui était le pilier de cette réunion, Montaigu et Capulet allaient très certainement se sauter au cou. La presse n'allait pas tarder à avoir écho de ce dérapage et si elle l'apprenait, les conséquences s'annonceraient très lourdes.

Mais où êtes-vous le plus en sécurité? Dans cette église où tout semble s'écrouler ou bien dehors, face à la foule ardente et à ces journalistes prêt à tout pour vous poussez à bout?

Vous êtes entraînés dans le mouvement de foule, vous ne pouvez pas lutter...

Hors Jeu Passons aux choses sérieuses les amis! Il va vous falloir poster un jet de dés! Voici comment cela va se dérouler. Vous allez effectuer le jet dés dans ce topic. Puis en fonction de votre résultat, cela se répercutera sur votre post dans l'intrigue. Vous avez dit diabolique? Cela semble plutôt juste hinhinhin!

LANCEMENT DE DÉS :

1 ou 3 Le mouvement de foule est incontrôlable, vous vous retrouverez sur le parvis de la cathédrale mais les grilles ont été fermées pour empêcher les journalistes de pénétrer dans le lieu Saint.

2 ou 4 Le mouvement de foule est incontrôlable, vous êtes coincés dans le coeur de la cathédrale. Soudain, vous trébuchez. On vous piétine, on vous ignore... Personne ne semble vous prêter quelconque attention.

5 ou 6 Vous êtes séparés de toutes les personnes que vous connaissez (en somme n'importe quel joueur). Cependant, vous semblez vous êtes rapprochés d'une porte qui vous permettrait de vous mettre à l'abri ou bien même de vous échapper. Elle est votre dernier espoir. Prendrez-vous ce chemin?

Bon courage à tous!


 
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Livia T. Marchal
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MessageSujet: Re: Acte I - Le temps du recueillement   Ven 8 Mai - 10:46

Le temps du recueillement
Rien ne se déroulait comme prévu. Livia, qui avait préféré venir seule à la cathédrale, pouvait entendre les murmures et les reproches de son clan. Cachée derrière ses lunettes de soleil, elle faisait mine de ne pas y prêter attention. Pourtant, elle sentait la colère lui monter au nez. Elle qui faisait tout pour mettre son clan en valeur en menant une campagne exemplaire, voilà qu'elle était sujette à la critique. Un revers de la médaille qu'elle ne pouvait malheureusement pas éviter. Le second évènement qui l'avait agacé était sans aucun doute la  présence de Laurent. Il était venu la saluer d'un ton qu'elle avait jugé moqueur. Elle n'avait pas pris la peine de lui répondre. Qu'est ce qui l'amusait autant? Sa souffrance? Vivre une relation secrète était donc si divertissante? Elle souffla et pria intérieurement pour que la cérémonie soit la plus brève possible. Ni une ni deux, un fracas résonna dans l'Eglise. Un jeune homme hurla son désespoir tout en lançant des accusations virulentes. Livia était prête à riposter mais elle n'en a pas eu besoin. Bianca excédée demanda à Laurent de reprendre le contrôle de ce lieu. Il fallait croire que les choses ne pouvaient pas être aussi simple. Des hommes de main emmenèrent l'intrus dans un pièce à l'écart où d'horribles cris en sortirent. Livia chercha désespérément une solution. Avec inquiétude, elle observa Laurent perdre ses moyens, quittant l'autel en courant. Elle mourrait d'envie de le rejoindre et d'agir justement à ses côtés. Mais impossible. La panique prenait peu à peu le contrôle de la salle et dans un violent mouvement de foule, la politicienne fut projetée sur le parvis de la cathédrale. Les grilles étaient fermées et elle pouvait déjà entendre l'harcèlement des journalistes cherchant à comprendre la situation. Où était Laurent? Que faisait-il? Ces hommes, n'oseraient-ils pas frapper un homme de l'église? Et Rosaline, où était-elle? La panique s'empara de Livia. Qu'allait-elle faire? Comment pouvait-elle gérer la situation tout en gardant son calme? Pour l'instant c'était impossible.


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Acte I - Le temps du recueillement

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