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 Ancien contexte

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Rosaline S. Marchal
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MessageSujet: Ancien contexte   Mer 11 Mar - 23:10

« Bonjour. Monsieur Laurent spencer je présume ? »
« En personne. »

L’inspecteur de Scotland Yard suggéra au prêtre de prendre place dans le fauteuil qui faisait face à son bureau. Le prêtre s’installa, l’air tout à fait détaché, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Il savait que les Montaigu et les Capulet courraient à présent à leur perte. Combien de fois les avait-il prévenu ? Combien de sermons du dimanche avait-il dû consacrer à leurs querelles ? Aujourd’hui, ils devaient payer. Ne vous méprenez pas, frère Laurent n’est du côté de personne. Il tente juste de préserver les brebis du bon Dieu. Et à vrai dire il avait pour l’instant échoué. La mort de Roméo et Juliette n’avait fait que renforcer son sentiment de culpabilité. Et pourtant Dieu seul savait qu’il n’était pas responsable.

« Vous venez témoigner de votre plein gré, je suppose donc que vos informations doivent être essentielles pour en savoir plus sur les causes de la mort de Roméo et Juliette. »
« Effectivement, car je voudrais que tout le monde connaisse les raisons de ce double suicide. »

Le ton du prêtre était sec, tranchant. Il était prêt à dévoiler les secrets les plus viles des Montaigu et des Capulet. Il expliqua l’amour qu’avaient les deux amants l’un pour l’autre malgré la rivalité bien connue de leurs familles.

« Au départ, je n’étais pas d’accord pour les marier, ils étaient si jeunes, si naïfs. Et pourtant leur amour était si pur que je ne pus refuser. Et j’étais convaincu que cela pourrait faire prendre conscience aux clans de l’absurdité de leurs rivalités. »

L’inspecteur tapotait sur son clavier toutes les déclarations du prêtre. Cela faisait longtemps qu’il soupçonnait les deux familles de tremper dans des affaires louches, mais jamais il n’avait eu droit à des témoignages dignes de ce nom. Le silence était la seule loi que connaissaient les Montaigu et les Capulet. Les témoins clés disparaissaient dans d’étranges conditions, les preuves également. Et étant donné la popularité de ces familles, autant dire qu’elles étaient intouchables.

« Puis il y eut la mort de Mercutio, le cousin de Roméo, tué par Tybalt. Une querelle idiote lors d’une soirée un peu trop arrosée dans une boîte branchée de Soho. »

La violence se banalisait tellement que les gens n’y prêtaient plus aucune attention. Enfin, l’inspecteur savait tout ceci. Il avait lui-même dirigé l’enquête.

« Tybalt fut arrêté, emprisonné et puis finalement condamné quelques mois plus tard. La justice reprenait son indépendance en emprisonnant officiellement un Capulet. L’enjeu était non seulement éthique mais aussi politique. Car vous avez dû le remarquer, la plupart de vos enquêtes n’ont jamais réellement abouties. »

Frère Laurent savait qu’il trouverait en l’inspecteur un allié précieux pour parvenir à ses fins. Tous les deux avaient le même but : mettre à mal le pouvoir qu’exerçaient les deux familles et que Londres retrouve un semblant de paix. Il le savait, maintenant sa vie et la sienne étaient sûrement en danger mais le jeu en valait la chandelle. Il en était convaincu.

« Dès lors, un Montaigu décida de se venger, seul, sans l’avis de son entourage. Il engagea un tueur à gage détenu dans la même prison et tenta de masquer le meurtre en suicide. Seulement, personne n’était dupe : la vengeance était évidemment de la partie. Et vous n’avez pas mis longtemps à retrouver le coupable : Roméo. »

Le jeune marié fut jugé et condamné à une peine de prison en sursis, comme quoi, la justice n’était pas aussi indépendante qu’elle voulait le faire croire. Cependant, une contrainte non négligeable vint s’ajouter à sa peine : porter un bracelet électronique qui ne l’autorisait pas à retourner à Londres et condamné à vivre dans une résidence surveillée des Montaigu à Manchester. A ce moment là, frère Laurent était persuadé que les familles avaient atteint un point de non retour. Aujourd’hui, les cibles n’étaient plus les sbires des deux familles mais les membres eux-mêmes. Le prêtre les aurait bien laissés s’entretuer, mais quand cela impliquait des personnes à la fleur de l’âge, il ne pouvait pas l’accepter.

« Je dois dire que Roméo n’était pas comme ça avant. C’était un gentil garçon. Mais les années passant, je l’ai vu sombrer. Il passait le plus clair de son temps à sortir et à profiter de la chair humaine qu’à essayer de faire quelque chose de sa vie. Un gosse de riche parmi d’autres… »

Frère Laurent n’était pas très vieux, il ne les avait pas vus grandir, mais il avait grandi avec eux. Orphelin, il fut recueilli par l'évèque Spencer et élevé comme n’importe quel enfant. Il connaissait les enfants Montaigu et Capulet bien mieux que personne. Pourtant, il n’est jamais devenu comme eux, préférant sa sagesse et sa foi en Dieu. Il avait l’intime conviction d’être le dernier rempart entre eux et leurs pêchés.

« Ils sont tous comme ça, pauvres pêcheurs… Enfin, je m’égare. Revenons à nos affaires, où en étais-je ? »

L’inspecteur connaissait bien les habitudes de ces riches familles pour avoir quelques informateurs planqués dans certains endroits qu’ils fréquentaient. Et il savait que cet environnement malsain était leur quotidien. Ces deux familles nourrissaient tous les rêves des gens : gloire et richesse. Si les gens connaissaient l’envers du décor, auraient-ils été du même avis ? Des gens avaient bien essayé de dénoncer cette situation intenable, mais n'oubliez pas : les médias leur appartenaient.

« De son côté, Juliette était promise à Paris Arrow. Mais vous vous en doutez, elle préférait mourir plutôt que de se marier avec ce jeune homme. »

Il continua son récit en confirmant que Juliette était venue le voir, afin de lui réclamer son aide. Elle le menaçait de se tuer dans son église si jamais frère Laurent ne trouvait pas un moyen de la sortir de ce pétrin. C’est ainsi que lui vint une idée : et si Juliette pouvait simuler sa propre mort ?

« Quand on est désespéré, on est prêt à tout. Je savais qu’il existait des substances capables de simuler la mort. J’avais un ami qui pouvait lui en fabriquer. Cependant, le risque qu’elle meurt était élevé car ces substances n’étaient pas anodines pour l’organisme. »

Le prêtre expliqua qu’il avait mis quelques jours avant de se décider. Finalement, il donna à Juliette le nom de ce fameux ami. Le soir même, elle avait été déclarée décédée au domicile des Capulet. Entre temps, frère Laurent avait envoyé son collègue, frère Jean, à Manchester afin d'aller prévenir Roméo que Juliette n’était pas morte, et qu’ils pourraient s’enfuir ensemble comme les deux mariés l’avaient planifié.

« Ils étaient naïfs de croire qu’ils pourraient vivre en cavale en laissant tout derrière eux. »

Malheureusement, frère Jean n’eut pas le temps de prévenir Roméo comme prévu : sa voiture l’avait lâché en plein milieu de la campagne. A croire que la fatalité s’acharnait contre eux. Le lendemain, la nouvelle était dans tous les journaux : Juliette Capulet était morte. Roméo ne mit pas longtemps avant de s’échapper de sa résidence surveillée, aidé par Benvolio.

« Dès que j’ai su que Roméo avait disparu je savais exactement où le trouver. Malheureusement je n’étais pas à l’église à ce moment là. »

Il voulait éviter le drame et pourtant il ne pouvait rien faire. Son devoir de prêtre le retenait à la cathédrale Saint Paul pour une cérémonie officielle. Si cela ne tenait qu’à lui, il serait parti. Et face à ses supérieurs, il ne pouvait rien faire.

« Benvolio faisait le guet dehors alors que Roméo entra dans la chapelle. Et puis vous connaissez la suite : Paris venait rendre hommage à sa promise, Roméo n’approuva pas du tout. Ils s’affrontèrent. Dans mon église, mon église ! Les voies du Seigneur ne sont pas si impénétrables que ça il faut croire… » ironisa t-il avec une certaine colère dans la voix.

Même l’autorité de l’Église semblait remise en question. Pourtant les Montaigu et les Capulet étaient des fervents croyants. En venir à s’affronter dans une église était impardonnable pour frère Laurent. Il jura entre ses dents et crispa ses mâchoires.

« Et une fois de plus, la mort frappa. Paris fut atteint d’une balle dans la poitrine, qui suffit à le mettre à terre. »

Roméo ne s’attarda pas sur sa victime, aveuglé par sa tristesse. Il posa sa main sur la joue glacée de Juliette. Ainsi, tout était vrai. Le jeune homme faisait bien face à un cadavre. Désemparé et désespéré, il ne trouva pas d’autre solution que de se donner la mort.

« Quand fatalité et passion se mêlent, la fin est souvent tragique. »

Roméo n’hésita pas à se tirer une balle, aux côtés de sa dulcinée. Peu après le prêtre arrivait en furie, devant tout ce sang, cette désolation. Juliette ne se réveillait pas alors que le médicament ne devait plus faire effet.

« J’ai contrôlé son pouls mais il était inexistant. Je fis appeler les Montaigu et les Capulet à la chapelle sans aucune dérogation possible. J’étais incontrôlable... J’avais totalement perdu mon sang froid. »

Se méfier de l’eau qui dort disait le dicton et là, les clans avaient réveillé en lui une colère incommensurable. Il promit de leur faire payer quoiqu’il en coûte. Chaque membre des clans resta meurtri en silence face au carnage qui avait eu lieu, tentant de faire bonne figure devant frère Laurent.

« Voilà pourquoi je suis venu vous voir. Je sais que vous enquêtez depuis fort longtemps sur les Montaigu et les Capulet. Je veux vous aider à les faire tomber. »

L’inspecteur ne s’attendait pas à obtenir si facilement une aide qui pourrait bien faire pencher la balance de son côté. Ils firent ensuite un marché : la protection du prêtre contre des informations de premier ordre concernant les familles. Car frère Laurent le savait, il était une menace pour les Montaigu et les Capulet.
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